Posté le 6 octobre 2011 dans Mes prises de positions

On croyait ses justifications taries mais la loi Hadopi demeure vivace, portée par un gouvernement qui entend en multiplier les déclinaisons plutôt que d’apporter des solutions concrètes au financement des créations artistiques et donc aux artistes.

Je n’ai jamais tergiversé sur l’abrogation nécessaire de cette loi qui induit la répression, soldée par une sanction pénale, administrative et financière. L’unique réponse que constitue Hadopi, terriblement archaïque et inefficace, stigmatise au contraire la méconnaissance de ses défenseurs sur les nouvelles technologies et plus grave encore, occulte les pratiques des internautes tandis qu’elle nie le principe même de création artistique.

Internet est épinglé comme le détracteur des œuvres cinématographiques ou musicales alors qu’il est, je l’ai toujours dit, un formidable catalyseur d’accès à la culture pour tous. Évidemment, le téléchargement illégal est répréhensible, mais sous le coup de cette loi inadaptée, à qui profite la fraude ?

Un consensus est indispensable pour satisfaire le plus grand nombre. L’absence de concertation, d’études précises sur le sujet, a conduit à une négation de la réalité : la culture « en ligne » est aujourd’hui incontournable.
Arrêtons d’amender, de bricoler l’existant et derrière cette sanction des internautes, n’oublions pas l’humain, l’artiste. Car tout l’enjeu du contrôle qui doit être mis en place repose justement sur la prise en considération des problématiques de création artistique.

L’idée d’une « contribution créative » ou « licence globale », que nous avons porté collectivement (2 euros par mois environ et par foyer désireux de télécharger des œuvres culturelles), en contrepartie d’un accès aux œuvres culturelles est une solution. Mais elle n’est sans doute pas la seule et présente ses limites et ses inconvénients.

Je défends au contraire l’idée d’une contribution créative adaptée, permettant de dégager des moyens de financement en faveur de la création, sous la forme d’un versement à la filière artistique ainsi que la réorientation vers cette filière du produit de la taxe sur les fournisseurs d’accès à Internet (évaluée à 1 milliard d’euros par an).

Internet je l’ai dit est un formidable outil de diffusion de la culture et ne doit pas se limiter aux seuls œuvres musicales et cinématographiques. La possibilité d’une mise en ligne des créations littéraires devra également être envisagée et inscrite au panel des possibilités d’œuvres téléchargeables légalement et contrôlées, dans le cadre de cette contribution créative à la filière artistique.